Le
1er XIX° voit l’ensemble de ces nouvelles idéologies
marquées par la révolution
française. Le développement de la révolution
industrielle facilite l’émergence de ces principes (liberté individuelle,
liberté d’entreprendre)
1- idéologie
contre révolutionnaire ou le traditionalisme
Ce courant peut être à la fois placé
dans un contexte français mais aussi européen. Les traditionalistes
veulent éradiquer le passé révolutionnaire, dénoncent la philosophie
des lumières et condamnent le rationalisme
et le volontarisme.
La
pensée traditionaliste va par la suite proposer un modèle de société,
cf. louis de Bonald : Théorie du pouvoir
politique et religieux de la société civile en 1796 et Jules
de Maistre : des
considérations sur la France en 1796. Ils envisagent la construction
d’une contre société à partir d’une vision traditionaliste de l’histoire.
La Réforme représente alors le début de la décadence qui continue
au XVIII°. Pour les traditionalistes, dieu
est à l’origine des Etats, une bonne monarchie doit donc être théocratique.
Cette idéologie a un grand succès en France, particulièrement au
début de la Restauration.
Le
courant traditionaliste voit ensuite l’émergence d’un courant catholique
social qui n’est pas exclusivement traditionaliste. Ce catholicisme
social veut combattre les effets de la révolution Industrielle et
voit son apogée dans les années 1870.
On
assiste à une résurgence de ces courants à la fin du XIX° avec le
mouvement Action Française qui se structure pendant l’affaire Dreyfus.
L'Action française voit dans la république le fruit de la révolution française
et dans le XIX° une période de décadence.
Ce
courant reste minoritaire, mais perdure jusque dans l’entre deux
guerre..
2- le libéralisme
Le XIX° est l’âge d’or du libéralisme.
Ce courant n’est pas propre à la France, mais le libéralisme français
est un libéralisme plus politique qu’économique. (Mise en avant
des conquêtes des libertés et de l’avènement constitutionnel)
Les
libéraux français analysent la révolution
et en tirent des leçons (primauté de la liberté individuelle sur
la liberté politique..), ils défendent le bicamérisme et introduisent,
avec B. Constant, l’idée d’un 4° pouvoir – pouvoir régulateur ou
neutre donné à un monarque arbitre.
Guizot
et les doctrinaires partagent une réprobation de la souveraineté
populaire et estiment que la nation doit être représentée par ceux
qui ont un bien à défendre. Les révolutions (1789 et 1830) sont
perçues comme un mal nécessaire. Pour Tocqueville, la révolution
a achevé le mouvement de démocratisation de la société (fin des
privilèges), mais la démocratie politique n’est pas installée durablement.
Les états-unis
sont un modèle de société démocratique car cette démocratie y est
à la fois sociale et politique. Il craint la dérive de la démocratie
vers le despotisme – confirmée par le coup d’Etat du 2 décembre
1851.
Sous
le 2d empire, l’Académie française
devient un foyer du libéralisme
Prévost-paradol se présente comme l’opposant libéral
au 2d empire,
il part du principe qu’une société démocratique ne peut être à terme
régie par un gouvernement démocratique (crainte de la terreur).
Il souhaite un suffrage universel pour les hommes sachant lire et
écrire.
Les
idées libérales sont reprises à la fin des années 1860 avec une
volonté de décentralisation et de bicamérisme.
Sous
la III° république,
on souligne l’importance d’hommes politiques tels que le duc de
Broglie, A Thiers et Laboulaye et la définition des bases d’un
régime parlementaire constitutionnel avec deux assemblées et un
pouvoir exécutif limité.
3- Emergence
du nationalisme
On assiste à la naissance de ce mouvement
avec la révolution
française. La révolution se fait au nom de la nation (entendu comme Tiers
Etat), le principe national est exporté aux "peuples opprimés".
L’adhésion des français à la Nation est symbolisée par l’événement
de la fête de la fédération.
Durant tout le XIX°, le courant nationaliste va s’incarner dans
les familles politiques républicaines et bonapartistes. C’est
un courant enraciné à gauche, un nationalisme revanchard qui veut
la disparition des traités de 1815, un nationalisme qui n’est
pas pacifique. Les nationalistes vont se retourner après 1870-71.
Les
républicains abandonnent l’idée de revanche au profit d’une définition
de la nation autour de l’exaltation des grands héros de l’histoire
de France.
Des
nationalistes se retrouvent autour du gal
Boulanger, on voit alors la fusion du culte de l’état nation et d’un nationalisme belliciste. Le nationalisme
bascule alors à droite.
4- le socialisme
Le socialisme a un lien avec la révolution française autour des réflexions de Babeuf. Le 1er
tiers du XIX° voit la naissance d’un socialisme utopique.
A la fin des années 1830, se forme
un socialisme à la française (idées de Marx connues en France à
partir des années 1880).
Deux
courants apparaissent :
-
Un
courant blanquiste (ou socialisme révolutionnaire)
Ce
courant se rattache au courant républicain par la fidélité à la
révolution française, il est marqué par
un fort anticléricalisme. Ce courant prône la révolution par l’insurrection
et envisage une nouvelle société sans classe dans laquelle le salariat
aurait disparu, un monde nouveau sur les bases de la justice et
de l’égalité. Le stade ultime en est le communisme avec la gestion
en commun des terres et de l’industrie.
-
Le
courant de Proudhon
Proudhon
envisage la socialisation des biens et remet en cause le rôle de
l’état dans la société. Il définit des principes
fédératifs : une société fondée sur l’individu – l’ouvrier
uni au sein de l’entreprise, unie quant à elle au sein d’une commune,
base de cette nouvelle société. L’état
central doit avoir uniquement un rôle d’impulsion du pays vers le
progrès. Il souhaite une organisation de la société dans un cadre
national et international.
A
la fin du XIX°, émerge le marxisme.
Jules
Guesde l’introduit en France, il crée le POF, qui critique le régime
républicain et fait de la propagande révolutionnaire. Jaurès défend
plutôt un socialisme réformiste (1905 : SFIO).