SOMMAIRE élèves satellite cartes Normandie pédagogie liens formation programmes actualités
   

 
YVETTE VEYRET
 Professeur de géographie à l’Université Paris X

France : des milieux entre nature et société

(A propos de la nouvelle question de géographie au programme de première)

Compte-rendu de la conférence prononcée à l’IUFM de Mont-Saint Aignan
le 5 mars 2003

Cette conférence s’inscrit dans la mise en œuvre du nouveau programme de géographie de la classe de Première.

En introduction Mme Veyret propose une réflexion sur les rapports entre nature et société résumée par le schéma suivant:

Atmosphère : climat, temps

Biosphère : végétation

Hydrosphère : eau

Lithosphère : roches relief, modelé

Mots clés : ressources, localisations, accessibilité, contraintes à l’organisation spatiale et à l’aménagement, risques sur les paysages, sur les sociétés …

Trois thèmes ont été ensuite retenus pour étudier la France : (Ils s’appuient sur un certain nombre de documents rétroprojetés)

-          Un pays aux possibilités variées. Ce qui implique la notion de ressource et de paysage au sens large. Les termes de contraintes et d’atouts sont à manier avec précaution car ils sont liés à un contexte socio-économique et technologique donné (ex des pentes et la neige en montagne longtemps considérées comme des contraintes et qui constituent aujourd’hui des atouts).

-          Un territoire très fortement aménagé : les espaces ruraux, les forêts, les vallées, les villes (qui sont des espaces totalement artificialisés).

-          La protection et la gestion des espaces au travers des différentes échelles de réglementation : les directives européennes qui sont de plus en plus importantes (directives liées à la P.A.C., Seveso II, Habitat…), réglementation française en matière de parcs naturels nationaux, régionaux, conservatoire du littoral, loi littoral, loi montagne…


I. La France, un pays aux possibilités variées.

-          Rappel d’un certain nombre des traits physiques du territoire métropolitain :

Son ouverture sur trois façades maritimes place la France en position de finisterre  qui favorise les échanges commerciaux.

Sa position en latitude place la France dans le domaine tempéré, qui se caractérise par des climats à saisons contrastées, par une relative abondance en eau qui constitue une richesse.

Les paysages morphologiques sont variés ce qui reflète la diversité des roches, des sols et des milieux  qui constituent autant de ressources au sens large du terme.

Il peut être utile d'évoquer le bilan d’eau associé à des ressources qui sont inégalement réparties, des disponibilités variables selon les saisons et des besoins différents selon les régions et les activités. 

Les forêts périurbaines tout comme celles qui constituent plus spécifiquement une ressource alimentant la filière bois peuvent  justifier aussi une approche environnementale importante (rappel : contrairement aux idées reçues, la couverture forestière a augmenté en France, elle est passée d’une superficie de 7 millions d’hectares en 1800 à environ 15 millions d’hectares actuellement, cette croissance pose localement  le problème de la fermeture des paysages).

Le caractère tempéré du climat a été défini à partir de moyennes (trentenaires). Cette « géographie des moyennes » a servi de référence à l’aménagement de l’espace, mais elle se trouve régulièrement remise en cause par les excès introduisant la notion de risques, de crises ; ces "temps forts" sont aujourd'hui privilégiés dans l'analyse des milieux..

- La notion de risque peut se définir comme un danger qui affecte un groupe humain et les aménagements qu’il a réalisés. Ce que l’on définit aujourd’hui comme risque n’était pas perçu de la même façon  pendant l’Ancien régime où la majorité des hommes vivaient dans la précarité, soumis aux calamités naturelles considérées comme des épreuves envoyées par Dieu. Parmi les premières  interventions de l’Etat en faveur des sinistrés, on peut noter les dédommagements accordés aux sinistrés lors de la crue de l’Oise en 1784. La Révolution française constitue une étape importante car dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 l’article 2 précise :" Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme ; ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression ". Avec le développement industriel et urbain, de nouveaux dangers sont pris en compte ; en 1810 un décret impérial concernant les  manufactures susceptibles de provoquer des nuisances constitue une première tentative de réglementation. La notion de risque naturel proprement dit apparaît tardivement en 1982 se substituant à la notion de "calamité publique". Pourquoi cette évolution ?

- L’exemple de la montagne peut donner des clés pour comprendre l’émergence de la notion de danger. Pendant longtemps le danger était accepté comme envoyé par  Dieu  et l'on tentait de se prémunir par des processions ou la construction d’oratoires. Le constat de la multiplication des dangers est lié à la croissance démographique de la fin XVIIème et au XIXème . La torrentialité, l’érosion des sols sont l’objet de discours catastrophistes et outrés dans le but :

-          de faire émerger un corps de fonctionnaires des Eaux et Forêts, à côté de celui des Ponts et Chaussées, qui justifie la nécessité du reboisement.

-          De servir les intérêts des membres des  associations créées au cours du XIX ème siècle comme le Club alpin français  ou le Touring Club de France  qui souhaitent la protection des paysages qu'ils  fréquentent et apprécient.

Cet exemple montre l’émergence d’un regard nouveau sur la montagne et des conflits d’intérêts entre les premiers touristes soucieux de préserver la "beauté" des paysages et les populations d’agriculteurs et d’éleveurs accusés de les détruire. Cette opposition s’est exprimée lors du débat sur la création du premier parc naturel dans le massif de l’Oisans en 1906, ancêtre des parcs naturels établis des décennies plus tard  ou à l’occasion de l’adoption de la lois de Restauration des Terrains de Montagne (RTM) 1882 (après des tentatives un peu plus anciennes, en 1860 notamment) qui est à l’origine du reboisement du Mont Aigoual par le forestier Fabre et d'autres massifs des Alpes du sud   Ainsi l’aménagement de la  montagne passe sous le contrôle de l’Etat.

Avec le développement du tourisme la représentation d’une montagne sans danger s'est imposée, elle a été diffusée par les affiches en particulier ; en 1970 dans un article de la revue du Touring club de France  Philippe Lamour dénonce une telle vision. L’avalanche qui détruisit le chalet UCPA à Val d’Isére le 10 février 1970  met en évidence l'ampleur des processus et des dynamiques qui caractérisent les espaces montagnards et en conséquence, attire l'attention sur les risques pour les populations. Les autorités décident alors de cartographier les « zones d’exposition aux risques du mouvement des sols » (les cartes ZERMOS) afin de  localiser les terrains menacés et de prévenir les risques. Mais ces cartes n’ont aucune valeur juridique et leur utilisation en matière d'aménagement demeure limitée.

Une nouvelle étape fut franchie en 1982 avec la création de la délégation aux risques naturels majeurs dirigée par le géologue et vulcanologue Haroun Tazieff  qui fait voter une loi sur l’indemnisation des catastrophes naturelles attribuant du même coup une qualification juridique à des processus naturels. Il faut préciser ici que le territoire métropolitain est peu ou pas menacé par les risques naturels majeurs (pas de volcan en activité, les rares séismes ont une faible intensité).  En revanche les risques d’inondations liés aux aléas climatiques sont fréquents (la crue de la Somme en 2000 ou les inondations dans le Gard en septembre et en décembre 2002). Dans le cas des massifs montagneux, on ne peut que constater l’ampleur des moyens mis en œuvre par rapport au nombre des victimes : entre 30 et 40 décès par an sous l'effet des avalanches ; l’enjeu est d’offrir une bonne image ce qui passe par une sécurité maximum des touristes clients qui fréquentent les stations de sports d’hiver.

A côtés des risques naturels la notion de risques technologiques et industriels s’est renforcée depuis les années 1980. Les données sont disponibles auprès du ministère de l’Environnement, de la DIREN ou de la DDE dans chaque département dans le cadre des Dossiers départementaux des risques majeurs DDRM, établis par le préfet assisté par la cellule d'analyse des risques  et d'information préventive. Ce dossier  fournit les éléments pour  élaborer le dossier communal synthétique produit à partir du DDRM.  Le DCS est donc un document réglementaire qui présente les risques naturels et technologiques existant dans la commune, il est notifié au maire par arrêté préfectoral. A partir du DCS, le maire établit un document d'information  communal sur les risques majeurs ou DICRIM qui enrichit en quelque sorte le DCS des mesures de protection et de prévention prises par la commune.

Comment gérer les risques et les rendre acceptables car ils prennent de plus en plus de place en particulier par le retentissement des médias ?  Là encore le rôle de l’Etat est important :  en 1982, la loi a instauré les plans de d’exposition aux risques prévisibles qui ont été remplacés en 1995 par  les plan de prévention des risques (PPR)  dont l'établissement  dans les communes ou dans le cadre d'espaces plus vastes (plusieurs communes par exemple) ne va pas sans poser des problèmes de conflits d’intérêts entre les acteurs de l’aménagement.

 

II. Les milieux aménagés en France

                Plusieurs types d’espaces ont été évoqués : les espaces ruraux, les forêts, les vallées, les villes. Les milieux proprement naturels n’existent pratiquement plus.

-          les espaces ruraux. Le changement des méthodes culturales dans le cadre de la PAC (la mécanisation, l’emploi des engrais et des produits de traitement phytosanitaires) ont provoqué des problèmes environnementaux :

-          érosion des sols laissés à nu durant la période hivernale (il faut rappeler tout de même que l’érosion est un phénomène naturel, elle peut parfois être aggravée par certaines actions anthropiques),

-          dégradation de la qualité de l’eau en raison de l’épandage des lisiers dans les régions d’élevage intensif (là encore il ne faut pas exagérer les problèmes car globalement la qualité de l’eau  s’est améliorée si on la compare à ce qu’elle était dans les siècles précédents, notamment pour les cours d'eau bordés dans le passé par des activités artisanales, travail de la laine, des peaux.. et  plus généralement  pour les cours d'eau servant d'exutoire pour les eaux usées urbaines).

D’autre part le remembrement et l’arrachage des haies ont transformé un paysage rural dont la physionomie pour notre région par exemple datait du XVIIème siècle. Des mesures ont été prises dans le cadre européen de la PAC, elles n'étaient pas forcément à l'origine destinées à améliorer la gestion de l'environnement ; ainsi la mise en place de la jachère à partir de 1992 visait  d'abord à limiter la surproduction céréalière. Peu à peu des réglementations touchant à l'environnement se sont multipliées accompagnant des aides aux agriculteurs développant des pratiques agricoles moins polluantes. Dans les régions de grands vignobles la question de l’érosion des sols est cruciale car ces terrains sont très chers, les sols sont souvent fragiles et la pente aggrave encore l'effet du ruissellement. Ainsi, dans le Beaujolais par exemple, où l’érosion menaçait  les arènes (formations superficielles meubles constituées de sable et d’argile issus de l'altération du granite et qui ne portent qu'un sol de faible épaisseur), les viticulteurs ont été amenés à établir de nouveaux modes de gestion destinés à une bonne maîtrise de l'eau. Ces modes de gestion mobilisent l'ensemble des acteurs et notamment tous les viticulteurs concernés dans un bassin versant. Des chartes  ont ainsi vu le jour pour réaliser des travaux visant à limiter le ruissellement et l'érosion, elles impliquent des rapports nouveaux entre les différents acteurs de l’aménagement.

                - Les forêts. On a déjà évoqué l’extension du domaine forestier,  il faut également préciser que la forêt est à  tout à la fois un "objet" naturel et anthropique. La forêt privée qui couvre environ 88 % du territoire forestier est caractérisée par le morcellement des propriétés, les forêts domaniales représentent 12% du total. Outre l’intérêt économique (la filière bois) la forêt a d’autres fonctions. Elle favorise l’infiltration de l’eau dans le sol, elle réduit le ruissellement, elle a une fonction de coupe-vent, elle constitue une réserve pour la faune et la flore. Si la déforestation n’est pas une menace, il faut avoir conscience que la forêt est fragile (comme le montre les incendies de la forêt méditerranéenne, ou les conséquences de la tempête de la fin décembre 1999).

                - Les zones humides. Les marais sont souvent considérés comme des espaces "naturels" alors que se sont des espaces très fortement aménagés (on rappellera que les marais de l’est de la France, comme ceux de la vallée de l'Oise avaient très tôt été aménagés dans un but stratégique, ralentir la progression des invasions). Ce sont  aujourd’hui encore des lieux de conflits d’usage et d’intérêt entre partisans des basses eaux (agriculteurs, producteurs de peupliers, chasseurs de gibier de terre) et partisans des hautes eaux (pêcheurs, touristes, producteurs de roseaux, chasseurs de gibier d’eau).

                - Villes et environnement. Les  secteurs urbanisées regroupent environ 80% de la population. Quelques aspects environnementaux de ces espaces ont été évoqués brièvement : le paysage urbain, la question des entrées de ville, le problème de la pollution urbaine causée principalement par la circulation automobile, la place de la "nature"  dans la ville.

 

III. Des espaces protégés.

                Il existe des dispositions nationales et des directives de l’Union européenne transcrites dans le droit national :

-          les directives européennes. Deux exemples ont été présentés.

Natura 2000  constitue un réseau de sites protégés . Il a pour objectif de préserver la biodiversité  notamment dans l’espace rural et forestier sans pour autant bannir toute activité humaine. 15% du territoire selon le projet Natura 2000 devaient être concernés par cette Directive adaptée à notre pays. En fait, en raison des très fortes tensions que ce projet a suscitées parmi les différents acteurs de l'espace rural, les 1000 sites retenus ne couvrent que 5% du territoire Lors de la tentative initiale d'application de la réglementation,  la concertation avec les différents acteurs a été très insuffisante ce qui a conduit à la forte opposition enregistrée, au recul quant aux surfaces initialement prévues et  à un  retard considérable dans l'application de la Directive.

Les directives  qui concernent les risques technologiques Seveso I  de 1984 et Seveso II 1999, portent le nom de la localité d’Italie du Nord qui avait été touchée par un rejet de Dioxine en 1976. Cet accident a incité les Etats européens à se doter d’une réglementation commune en matière de prévention des risques majeurs. En France 372 sites sont classés Seveso et quatre régions comptent plus de 30 sites : la Haute-Normandie, Le Nord - Pas de Calais, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes. Ces plans prévoient l’établissement de cartes, la mise au point de plans de secours et la mise en sécurité des installations industrielles. Mais cela n’exclut pas des risques non prévus (ex l’accident d’AZF à Toulouse le 21 septembre 2001) et pose le problème de l’expertise et de la vérification  (par exemple pour les centrales nucléaires). Plus généralement Mme Veyret précise que  trois principes sont retenus en matière de protection de l’environnement : le principe de précaution, le principe de prévention, le principe du pollueur-payeur.

-          la réglementation française.

Il faut rappeler que le souci de protection des espaces date de la fin du XIXème siècle avec la création aux Etats-Unis du parc de Yellowstone en 1872.

En France la loi de 1906,  révisée en 1930, porte sur la protection des monuments naturels et des sites étendus  aux "œuvres de nature". La loi de 1930 rend officielle  la création de zones protégées pour leur richesse animale, végétale, elle sera complétée par la loi de 1976 relative à la protection de la nature  qui définit avec précision les réserves naturelles. Près de 150 réserves naturelles existent sur le territoire.

Les années 60 constituent une seconde étape avec la loi du 22 juillet 1960 qui prévoit la création des parcs naturels nationaux . Au nombre de 6 sur le territoire métropolitain (Cévennes, Ecrins, Mercantour, Pyrénées occidentales, Port-Cros, Vanoise) ils comportent une zone centrale entièrement protégée et une zone périphérique où des activités  d'accueil du public sont réalisées. Ces parcs doivent faire face à des problèmes liés à leur situation de sanctuaire (isolement, prolifération d’animaux non souhaitée, fermeture des paysages) et à l’afflux massif des visiteurs ( ex Port-Cros   220 000 visiteurs par an, les Ecrins 1 000 000 de visiteurs par an).

 En 1967 la création des parcs naturels régionaux complète le dispositif. On en dénombre une quarantaine, ils concilient développement économique et gestion conservatoire des paysages. A la protection  s’ajoute le développement de l’accueil, l’éducation et l’information du public sur le patrimoine naturel et culturel du parc. Les parcs sont créés à l’initiative des régions. Ils disposent d'une charte qui contient l'engagement de tous les partenaires, les objectifs du parc, les moyens financiers mis en œuvre.( www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr )

Les ZNIEFF (zones naturelles d’intérêts écologique faunistique et floristique) sont des espaces définis à l’initiative du Ministère de l’Environnement à l’issue d’une enquête menée par la communauté scientifique (Muséum d'Histoire naturelle) entre 1970 et 1980. Il s'agit d'espaces reconnus comme importants à la suite d'un inventaire floristique et faunistique Prés de 13400 zones ont été recensées . Si l’inventaire des ZNIEFF n’a pas de portée juridique, il peut permettre de prendre des mesures de protection dans le cadre d’opérations d’aménagement du territoire (plus d’informations sur www.pole.grenet.fr ).

"Le désir d’accès à la mer pour la voir, et la toucher est un désir extrêmement fort. La mer est sans doute le seul site dont le libre accès est un véritable problème de nature politique". Cet extrait du  rapport Piquart remis au gouvernement en 1973 par un groupe d’experts de la DATAR, préfacé par Jean Fourastié, sonne l’alarme d’une consommation trop rapide du littoral français et recommande la création d’un Conservatoire du littoral. Le conservatoire du littoral est mis en place en 1975. Etabli à Rochefort, cet établissement public a pour but la sauvegarde des espaces naturels et des paysages sur les rivages maritimes et lacustres. Son action consiste à acquérir à l’amiable, par préemption, par legs, des terrains fragiles ou menacés de les remettre en état et d’en  confier la gestion aux communes ou aux associations. Au 1er janvier 2003, une superficie de 67 510 hectares soit 861km de linéaires côtiers ont été acquis sur 5500 km de côtes au total. La  loi littoral de janvier 1986 prévoit de limiter et de réglementer les constructions à moins de 100 m du littoral tout en garantissant le libre accès à la plage.

La loi sur l’eau du 16 décembre 1964 a établi le régime et la répartition des eaux et la lutte contre leur pollution . Le territoire a été divisé en 6 grands bassins hydrographiques correspondant chacun à une agence de l’eau : Artois – Picardie, Seine – Normandie, Loire – Bretagne, Adour – Garonne, Rhin – Meuse Rhône – Méditerranée – Corse.  Le découpage se fait selon la ligne de partage des eaux des différents bassins versants. La politique de l’eau à été relancée par la loi du 3 janvier 1992 visant  à préserver et à restaurer la qualité de l’eau en particulier par la généralisation du traitement obligatoire des eaux usées d’ici 2005. La politique de l’eau en France est très complexe en raison des multiples acteurs aux intérêts parfois contradictoires :  depuis 1790, la commune a la responsabilité de la distribution et de l’assainissement de l’eau,. Les agences de l’eau ne coïncident par avec les découpages  administratifs, la distribution de l’eau est une mission de service public mais confiée à des entreprises privées, le principe du pollueur–payeur n’est pas systématiquement appliqué…

Conclusion

Après avoir rappelé l’importance du changement d’échelle et précisé que notre région comporte de nombreux  exemples des différentes situations évoqués au cours de la conférence, Mme Veyret revient sur une idée importante : la vision de la nature a beaucoup changé. D’abord considérée comme un élément primordial objet de descriptions, d’inventaires, centre d’intérêt des naturalistes, la nature, le paysage participent à la construction du sentiment national (le tracé des frontières revendiquées comme "naturelles"). Puis, dans les années 1980 notamment, la dimension physique a été quasi abandonnée en géographie ; les "rugosités" liées au relief par exemple ont été niées selon le principe que tout est aménageable. Depuis quelques années on assiste à un retour des éléments naturels au sein de la géographie sous l'effet  des préoccupations écologiques, du  rôle des médias, du sentiment d’une dégradation, d’une rupture des "équilibres".  Cette évolution pose le problème de la place de l’homme dans ses relations avec les éléments naturels. Elle est aussi le résultat d’une vision citadine de la nature considérée souvent comme un sanctuaire ou un terrain de jeu. Il faut se garder d’une vision passéiste et du mythe du "c’était mieux avant ! !", car les travaux sur  l’air des villes ou sur l’eau (Jean-Pierre Goubert : La conquête de l’eau  1986) montrent une incontestable amélioration de la qualité.  Pourtant de nombreux problèmes demeurent et de nouveaux sont apparus (celui des changements globaux par exemple). Il faut donc analyser l’évolution et l’importance des représentations dans la relation entre nature et société et constater que les réponses se font de plus en plus en terme de droit (national ou européen) pour tenter de mettre de l’ordre dans les conflits d’intérêts et d’usage.


Les ouvrages récents d’Yvette Veyret

- L’érosion entre nature et société (coord) Coll DIEM SEDES.1999

- Géo-environnement SEDES, 2000

- Les montagnes. Discours et enjeux géographiques. (Coord) Coll DIEM. SEDES. 2001

- Les fondamentaux de la géographie (avec A. Ciattoni) Coll Campus. Armand Colin 2003

- La France : milieux physiques et environnement. (avec JP Vigneau) Coll Cursus. Armand colin. 2000

- Géographie physique. Milieux et environnement dans le système terre. Coll U. Armand Colin. 2002

Deux numéros de la Documentation photographique

- Géographie des risques naturels, N°8023, Octobre 2001

- France, milieu et environnement, (avec G. Hugonie) N°7027, Février 1999

Notes de Thierry Lamiraud,
Professeur au collège Michelet,
Bihorel (76)  

Téléchargez !


Vous pouvez télécharger cette conférence aux formats suivants :

Note technique : Tous les fichiers sont compressés au format zip pour optimiser votre temps de connexion. Vous pouvez décompresser ces fichiers à l'aide de n'importe quel utilitaire de compression/décompression (tous les téléchargements sont gratuits) :

  • Sous Windows, vous pouvez utiliser Winzip :
  • Sous Mac OS, vous pouvez utiliser Stuffit :
  • Sous Linux, vous pouvez utiliser RAR :
Les fichiers PDF sont lisibles à l'aide d'Acrobat Reader. Si cet utilitaire n'est pas installé sur votre ordinateur, vous pouvez le télécharger sur le site web d'Adobe (toutes plate-formes) :