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PLAN
Préambule : objectifs et intégration aux programmes
scolaires
INTRODUCTION
. Amazonie : le stéréotype de la forêt vierge.
. Amazonie : pas seulement une forêt équatoriale.
. Amazonie : une frontière.
A . MISE AU POINT SCIENTIFIQUE
I -
LAMAZONIE
-
Un espace qui nest pas
quune forêt.
- De la frontière morte à
larrière-pays et au front pionnier.
- La diversité forestière ou
lhétérogénéité de la forêt amazonienne.
- La destruction de la forêt.
II - LA
COLONISATION ET LEXPLOITATION DE LAMAZONIE
- Les motivations géopolitiques,
économiques et sociales.
- De lAmazonie des fleuves à
lAmazonie des routes.
- Les types de colonisation et
dexploitation.
- Lexploitation
forestière et lorganisation de lespace en Amazonie.
CONCLUSION
. Amazonie : le monde de lextractivisme.
. Amazonie : un espace colonisé et convoité.
. Amazonie : un espace au centre denjeux géopolitiques, économiques et
écologiques.
B . RESUME
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Préambule 
Objectifs et intégration aux
programmes scolaires
Cette mise au point répond à plusieurs objectifs
- Démystifier lAmazonie.
- Montrer que lAmazonie nest pas quune forêt
équatoriale.
- Etre amener à découvrir lhétérogénéité de la forêt
amazonienne.
- Faire comprendre que la forêt est loin dêtre détruite
partout mais essentiellement le long des axes routiers et que sans cesse les fronts
pionniers progressent vers lOuest.
- Réaliser que lexploitation économique de lAmazonie
nest pas seulement forestière.
- Montrer que lAmazonie est un centre denjeux
géopolitiques, économiques, écologiques.
Elle peut répondre à différentes questions des programmes de
géographie
6 ème : un paysage de faible occupation humaine, la
grande forêt amazonienne
5 ème : le Brésil
2de : la transformation des milieux par les
hommes ; le rôle des frontières
Terminale : agriculture et développement en Amérique latine
INTRODUCTION 
- Amazonie : le stéréotype de la forêt
vierge.
Le mot suffit à évoquer la touffeur, lombre, la torpeur et les
bruissements non identifiables dun monde qui paraît immobile mais qui foisonne sous
toutes les formes de la vie.
Par son mystère et sa luxuriance, lAmazonie apparaît comme un
monde anachronique, propice au rêve et à lévasion. Ces forêts appellent au
respect mais aussi à la fascination.
LAmazonie apparaît à la fois réelle et inaccessible et sa
luxuriance en fait un monde de lexcès où tout semble proliférer. LAmazonie
captive et émerveille les européens en quête dEldorado. Cest à juste
titre, sans doute, que le mot désigne dans le langage courant une contrée
" imaginaire " aux richesses surabondantes. Dailleurs la quête
fiévreuse de ce mythe amazonien a attiré à la fois les explorateurs, les commerçants,
les soldats et les missionnaires qui ont permis lexploitation du bassin de
lOrénoque, de lAmazonie et dune grande partie de lAmérique du
Sud. La conquête de cet espace sest faite par le fleuve et les hommes se sont de
plus en plus profondément enfoncés dans la forêt pour découvrir un monde nouveau qui
leur paraît dune richesse extraordinaire.
- Justification des mythes.
Aborder lAmazonie paraît extrêmement difficile tant il faut
lever les mythes et combattre les idées reçues, véhiculées, pourtant lointaines de la
réalité.
Dès les premières approches la notion dEldorado transparaît.
Le mythe amazonien était né. Linimaginable quête dEldorado était atteinte
par les explorateurs et le paradis devenait terrestre. Mais mythes et symboles ont
toujours deux faces : lune attirante et lautre repoussante, lune
rose et lautre noire.
Les mythes anciens, roses, font référence à lextrême
fertilité de la terre prouvée par la luxuriance de la végétation, par lampleur
de la biodiversité végétale, la richesse du sous-sol, lextraordinaire éventail
de la faune où se cotoient une multitude de mammifères, poissons, insectes et
oiseaux ; le plus grand fleuve du monde, lAmazone, impérial, qui draine des
étendues immenses qui nen finissent pas, a des ressources inépuisables : un
paradis terrestre, un véritable Eldorado.
En parallèle à cette vision idyllique apparaissent également des
mythes plus récents, noirs qui dénoncent un milieu où la touffeur équatoriale,
difficile à vivre engendre un climat des plus insalubre avec son cortège de fièvres et
maladies redoutables et redoutées, la présence dune faune dangereuse et agressive
dont les attaques peuvent entraîner la mort, lhostilité des populations locales
indiennes qui nhésitent pas à massacrer les conquistadores les plus zélés :
un monde terrible, un Enfer Vert. Entre les potentialités rêvées et espérées de
lAmazonie il est possible de lever les mythes anciens et récents liés à une
méconnaissance totale de ce milieu.
LAmazonie est en fait un monde hétérogène que la forêt vierge
ne résume pas. Ses richesses ne sont pas inépuisables.
- LAmazonie nest pas quune forêt équatoriale.
Trop souvent lutilisation du mot " Amazonie "
se restreint à la forêt tropicale sempervirente. LAmazonie est une région, un
espace convoité, exploité et peuplé qui saménage et surbanise sous le nom
de région Nord.
La région Nord est une des cinq grandes régions administratives du
Brésil, se différenciant des quatre autres et du reste du pays.
LAmazonie possède une situation géographique précise et
nest pas seulement une forêt sempervirente.
- LAmazonie : une frontière.
LAmazonie est une frontière ouverte à la colonisation voulue ou
spontanée.
Dambitieux projets et programmes ont attiré des milliers de
colons dorigines différentes, de niveaux différents, tous venus dans le même
but : senrichir et connaître une ascension sociale.
La frontière amazonienne peut être décrite comme une région de
bonheur ou de malheur, de joie ou de tristesse tant la réussite des colons est difficile
et aléatoire. Cest une zone qui aspire à se développer et à sintégrer au
territoire national sous limpulsion de colons motivés.
A - MISE AU POINT SCIENTIFIQUE 
I - LAMAZONIE

1. Un espace qui nest pas quune
forêt. 
LAmazonie nest pas quune forêt et lAmazonie
nest pas le Brésil.
Le bassin amazonien occupe 7 millions de km2 dont presque 60 %
reviennent au seul Brésil. Mais dautres Etats se partagent lAmazonie comme le
Pérou, la Bolivie, lEquateur, la Colombie, le Vénézuéla, les Guyanes (carte n° 1 : les forêts dans le monde).
La forêt appartient donc à plusieurs Etats même si le
Brésil en détient la plus grande part.
Cette région brésilienne trop souvent associée à lunique
image de la forêt est une région géographique à part entière.
Les statistiques brésiliennes montrent que la région administrative
" Nord ", en 1992, date du recensement de lI.B.G.E., institut
brésilien de géographie et de statistiques, rassemble plus de 10 millions
dhabitants et connaît un taux de croissance de sa population de lordre de 2
à 3 fois celui de la population brésilienne. Par ailleurs, les migrations
inter-régionales révèlent que la région Nord est très attractive et connaît un solde
migratoire positif (carte n°6 : la
destination des migrations).
La région Nord est dynamique et ses habitants mettent en valeur cette
région qui nest pas exclusivement forestière.
La meilleure preuve réside dans le fait que 58 % des amazoniens sont
aujourdhui des urbains et que le pourcentage de population rurale en Amazonie
diminue régulièrement depuis plusieurs décennies. En 10 ans, la population urbaine de
la région Nord a presque doublé ce qui nous permet daffirmer que lAmazonie
connaît une véritable explosion urbaine, phénomène étrange si lAmazonie
nétait quune forêt (carte n°
7 : la distribution de la population totale urbaine et rurale par micro régions en
1980).
Cependant la forêt amazonienne fait toujours autant rêver, et
les migrations ont été le moteur du développement et le moteur de la croissance
démographique importante qua connu la région Nord. Pourtant même avec plus de 10
millions dhabitants la région Nord reste presque vide dhommes (carte n° 8 : les densités de population en 1980)...
Cest encore un espace sous peuplé, immense où réside 7 % de la population totale
sur 46 % du territoire national soit 7 Etats (Amazonas ; Para, Rondonia, Acre,
Roraima, Amapa et Tocantins).
Il ne faut pas confondre Région Nord et Amazonie légale, qui fut le
théatre des opérations publiques et privées et qui profita des nombreux avantages
fiscaux offerts par lEtat fédéral pour intégrer lAmazonie à
léconomie nationale.
LAmazonie légale représente 59 % du territoire
brésilien ; elle inclut les 7 Etats de la région Nord, plus le Nord du Mato Grosso,
le Nord du Goias et lOuest du Maranhao. Elle regroupe aujourdhui 20 millions
dhabitants. (carte n° 4 : les états du
Brésil, montrant la région Nord et lAmazonie légale, en page précédente).
Deux " capitales " se taillent une part
importante en Amazonie, avec plus dun million dhabitants : Manaus et
Belem, respectivement dans les états de lAmazonas et du Para. Dans ces deux grandes
villes, limage de la forêt semble bien éloignée.
2. De la frontière morte à
larrière-pays et au front pionnier. 
LAmazonie évolue et se transforme.
La " frontière " connaît une expansion
différente régionalement. Les anciennes zones de colonisation, les premières,
cest-à-dire celles qui ont entre 20 et 25 ans aujourdhui, sont délaissées
au profit des terres plus au Nord et plus à lOuest où les écosystèmes sont
encore riches.
La frontière est perçue comme un espace périphérique et est remplie
de connotations à la fois positives et négatives :
- positive car pour le Brésil, la frontière est la progression
continue de loccupation de son espace.
- positive car elle intègre une région à un espace économiquement
développé.
- positive car cette frontière est dynamique et semble offrir une
chance, une liberté, une perspective davenir.
Mais aussi négative, car si elle évolue sans cesse cest
quelle est souvent limage dun échec précédent :
- négative car cest un lieu de conflits et de violence.
- négative car cest un lieu despoirs déçus quelquefois,
de malheur, de tristesse.
De la frontière morte à larrière-pays et au front pionnier, on
constate une transformation de la situation amazonienne. En Amazonie, un espace de
production se met en place (carte n° 5 :
les fronts pionniers amazoniens).
Les activités amazoniennes, agriculture, élevage et
exploitation forestière engendrent une production despace et se développent sous
forme dun quasi front pionnier dont les positions successives se repèrent
dEst en Ouest. En arrière de ce front pionnier subsiste un peuplement, des
infrastructures ... prouvant ainsi la production de territoire.
Lexpansion de la frontière en Amazonie est un phénomène
régional, très évolutif . La frontière sétend en Amazonie sur des espaces
colonisés, qui se structurent et se modernisent mais qui sont convoités par une
multitude dacteurs.
Le front pionnier qui avance fait évoluer limage de la forêt
amazonienne.
Cependant si la forêt amazonienne attire et fait toujours autant
rêver, il convient den donner une image précise bien éloignée des stéréotypes
exposés précédemment.
3. La diversité forestière ou
lhétérogénéité de la forêt amazonienne. 
Lhomogénéité du paysage stéréotypé cache une grande
diversité.
Vue davion, la forêt amazonienne apparaît comme un moutonnement
infini de frondaisons où seuls quelques arbres apparaissent plus hauts que dautres.
Vue du sol, la forêt amazonienne apparaît comme un bloc
impénétrable, formant un véritable mur épais et touffu.
Ces visions sont simplistes. Lhomogénéité nexiste pas
dans le relief, le climat, le sol et donc la forêt. Il faut aujourdhui employer
tous ces noms au pluriel.
En Amazonie brésilienne, il existe 3 grandes catégories de
forêts : la forêt de Terra Firme, la forêt de Varzea et la forêt dIgapo (carte n° 3 : les formations végétales).
- la forêt de Terra Firme (Terre Ferme) : 253 millions
dhectares.
La forêt de Terra Firme est la plus importante en superficie. Elle
sétend entre les rivières, sur les interfluves.
La forêt de Terra Firme, " Mata Densa " est
composée darbres géants de 40 à 50 mètres de hauteur, dont la canopée est très
dense, darbres moyens de 30 à 40 mètres de haut et dune strate arborée de
15 à 20 mètres. Peu de graminées au sol mais surtout des mousses, des champignons qui
transfèrent directement aux racines les éléments nutritifs, des lianes (cipos) et des
épiphytes (doc n° 2 : structure de la
forêt équatoriale, les 3 strates arborescentes).
La forêt de Terra Firme est riche en essences
" dures " de densité souvent importante. Elle est composée
darbres magnifiques dont le peuplement est hétérogène. Il existe aussi certaines
nuances selon les facteurs pédologiques, topographiques, climatiques et édaphiques. Il
est donc difficile, tant létendue de lAmazonie est importante de parler
duniformité de la forêt de terre Ferme.
- la forêt de Varzea : 7 millions dhectares.
La forêt de Varzea est située dans les zones inondables. A
lépoque des crues, elle est périodiquement inondées de Décembre à Juin. En
général, elle sétend sur une largeur qui peut atteindre jusqu'à 80 kilomètres
de part et dautre des rivières. Cette forêt se compose surtout dessences
dites " blanches ", essences de bois tendres à croissance rapide et
dun éventail de palmiers. Ce fut dans lhistoire de lAmazonie, la
première forêt exploitée, bien avant la construction des routes pour dévidentes
raisons daccessibilité. Dailleurs, la quasi totalité des bois extraits et
exportés létaient par flottage avant louverture routière.
- la forêt dIgapo.
Les Igapos sont des terres marécageuses dont les sols sont
hydromorphes, toujours inondés, possédant une végétation dense mais basse, pauvre en
qualité et totalement inextricable. La forêt dIgapo a en commun avec la forêt de
Varzea quelques essences qui ne sont pas exploitées aujourdhui du fait des
difficultés techniques.
Paradoxe de laccessibilité, les terres les plus accessibles
autrefois sont celles qui le sont le moins aujourdhui depuis louverture
routière amazonienne voulue par lEtat.
A ces 3 types de forêt sajoute une formation secondaire qui
remplace la forêt dense primaire (celle où lhomme nest pas intervenu), quand
celle-ci a été défrichée. Cette dernière est plus basse, semi-décidue et dont le
sous-bois est plus dense. Dans la mesure où les grands arbres disparaissent, la lumière
atteint plus facilement le sol, permettant le développement dun sous-sol
inextricable.
Luxuriance, exubérance de la forêt amazonienne sont les mots les plus
employés pour la qualifier. La richesse floristique exceptionnelle de cette forêt
produit limage dune forêt impénétrable augmentée par lobscurité
liée à la densité du couvert forestier.
4. La destruction de la forêt. 
La forêt est détruite mais principalement le long des axes routiers.
Toute lAmazonie nest pas touchée mais une partie de la forêt amazonienne est
menacée dans son existence. Il semble même que la disparition de la forêt semble être
le prix de la " modernisation " nationale brésilienne.
Loccupation de lAmazonie saccélère au gré du
développement des projets agricoles et délevage nécessitant dimportantes
coupes à blanc tellement destructrices. Tous les projets de colonisation émanant de
lEtat fédéral ont été très destructeurs. Cest le cas des altérations
forestières remarquées dans létat du Para, très touché par la déforestation et
où le rythme de destruction saccélère. Cest lEst de létat le
plus touché du fait de louverture plus ancienne des routes, donc dune
colonisation qui a commencé bien plus tôt.
La destruction de la forêt amazonienne paraît intimement liée à son
exploitation qui intègre lAmazonie au territoire national et en fait une région à
part entière parmi dautres du Brésil.
II - LA COLONISATION ET
LEXPLOITATION DE LAMAZONIE 
1. Les motivations
géopolitiques, économiques et sociales. 
Depuis 1920, fin du cycle du caoutchouc, lAmazonie sombrait dans
une profonde léthargie. Dans les années 70, lEtat fédéral sintéresse à
cette région aux potentiels importants. Le gouvernement en place allait lancer des
projets de colonisation destinés à peupler cette région aux densités très faibles, à
fixer des populations déracinées, à assurer une souveraineté nationale sur la région
Nord.
Cela ne fut possible que grâce à la construction des routes afin
d " intégrer " lAmazonie à lespace national
brésilien, de la désenclaver. La volonté de peupler un espace vide devient une
priorité du gouvernement. LEtat pense quil faut occuper lAmazonie pour
y assurer une souveraineté.
Il est nécessaire pour bien comprendre toutes ces raisons, de
reprendre le contexte géopolitique de lépoque.
LAmazonie est un Far-West à reconquérir et les militaires au
pouvoir au Brésil depuis 1964 souhaitent mettre fin aux menaces
dinternationalisation de cette région. Par le P.I.N., le Plan dIntégration
Nationale, le président Medici met en place une occupation stratégique qui fut
lune des composantes de la géopolitique brésilienne : lEtat fédéral
devait assurer un contrôle territorial sur lAmazonie. A cela sajoutait une
politique nationaliste et populiste, visant à occuper un espace vide ou sous peuplé et
à développer des perspectives économiques et sociales. La politique était nouvelle,
puisquelle nétait plus fondée par la pénétration de la région par
limportant réseau hydrographique amazonien mais par un réseau routier dont le
fleuron fut la Transamazonienne.
2. De lAmazonie des
fleuves à lAmazonie des routes. 
LAmazonie des fleuves devenait lAmazonie des routes au nom
de lintégration nationale.
Louverture routière permettait le déplacement des populations
autochtones ou non . Elle a donc contribué à changer loccupation des sols
puisquaujoudhui, ce sont les interfluves qui sont occupés et non plus les
vallées (carte n° 10 : la
Transamazonienne et le réseau urbain).
La route a capté la population et a permis aux colons de quitter des
terres infertiles pour dautres, éventuellement de meilleure qualité. La route, à
limage de la transamazonienne permit le déplacement des colons du Nordeste vers la
région Nord. Lobjectif avoué : " des hommes pour des terres sans
hommes et des terres pour des hommes sans terres ". Cette phrase établissait un
lien étroit entre lAmazonie et le Nordeste, la première réputée vide, le second
jugé surpeuplé, enlisé dans les conflits fonciers entre grands propriétaires et petits
paysans.
" Intégrer pour ne pas brader
lAmazonie " : cette intégration stratégique, économique et sociale
permettait également déviter une réforme agraire dans le Nordeste. En
délocalisant une partie des " sans terres ", on limitait les émeutes
et les révoltes nordestines qui faisaient de cette région une véritable poudrière.
LEtat fédéral, par lintermédiaire du gouvernement en place allait lancer
dambitieux projets de colonisation destinés à attirer et à fixer des populations
extérieures, entre autre, nordestines. Par le P.I.N., lEtat fédéral développe
une politique de grands travaux routiers. Celle-ci saccompagne dune
colonisation agricole puis pastorale, grâce à dénormes moyens techniques et
financiers mis en uvre par lEtat.
La structure du réseau routier a permis le peuplement de la région,
engendrant ainsi son exploitation mais aussi un développement des défrichements. Les
premières grandes destructions de la forêt sont liées au désenclavement de la région.
Les dommages causés à la forêt ont commencé avec le désenclavement routier de
lAmazonie. LEtat a détruit des milliers dhectares de forêt pour créer
des axes de communication à travers toute la région. Quand une route est ouverte, les
colons viennent sinstaller et créer de nouvelles ramifications. Les dommages
saccentuent quand les activités agricoles, pastorales et forestières entrent en
interaction. Les bûcherons ouvrent des pénétrantes forestières qui sont utilisées par
les colons agriculteurs et éleveurs, pour aller plus loin, plus à lOuest dans
loccupation de lespace. La route devient facteur de défrichements et de
destructions forestières.
Depuis leur ouverture, le défrichement est de plus en plus alarmant.
Cependant, le déboisement est très inégal selon les états de la région Nord :
cest le Sud de lAmazonie qui a été le plus touché puisque cest la
région la plus proche des colons du Centro-Oeste, du Sudeste et du Sud du Brésil.
Cest également celle qui est la plus proche des grands centres de consommation,
parce quaussi la mieux reliée avec les meilleures infrastructures routières, et la
plus anciennement colonisée. En revanche, le Nord de la région Nord, peu colonisé, ou
colonisé plus tardivement, est plus faiblement touché par la déforestation. Le plus
souvent, la forêt est détruite par le feu, ce qui engendre demblée la différence
entre le défrichement lié à la création des routes et le défrichement agricole et
pastoral.
Depuis que lEtat sest lancé dans des opérations
doccupation des territoires forestiers, lAmazonie sintègre à
léconomie nationale.
Par lapport de migrants, lAmazonie a été peuplée dans sa
frange orientale et méridionale. La combinaison de différents facteurs comme la
précarité des contrats de travail, la mauvaise fertilité des sols, la pression
foncière, la construction de nouveaux axes de communication explique le déplacement des
populations qui vont toujours plus loin à lOuest pour tenter de trouver de
meilleures conditions de vie. La dynamique des fronts pionniers a suivi le tracé des
routes réalisées par lEtat fédéral et par les différents états amazoniens. Ces
axes de direction Sud - Nord et Est - Ouest ont été le vecteur des migrations, ce qui
confirme la destruction forestière le long des routes.
Du fait de la structure du réseau routier, le front pionnier parti du
Sud et du littoral Est sest déplacé vers le Nord et vers lOuest. Les
migrants du Sud sont arrivés par la Brasilia - Belem ou la Cuiaba - Porto-Velho, tandis
que ceux du Nordeste ont utilisé la Transamazonienne.
Les premiers fronts pionniers furent repérés dans le Sud du Para et
le Rondonia, puis pénétrèrent plus à lintérieur de la région Nord, en
Amazonas, pour atteindre la région de Manaus.
Quant aux états comme lAmapa et le Roraima, ils nont pour
ainsi dire pas connu de colonisation. Là, la forêt est restée intacte, car ces états,
loin de toutes activités, sont restés enclavés.
Le déplacement des fronts pionniers et loccupation extensive de
lespace multiplie défrichements et migrations, et fonctionne comme un système gros
consommateur de forêts et despaces. Il implique le déplacement de la frontière
amazonienne, en constante mouvance.
3. Les types de colonisation et
dexploitation 
Trois types de colonisation se dégagèrent dans les années 70.
- La colonisation publique fédérale, basée sur laccueil
des migrants venant du Nordeste vers le Para et le Rondonia. Ces deux premières grandes
zones de colonisation avaient été décidées car elles étaient situées sur des axes
routiers prépondérants : la Brasilia-Belem et la Transamazonienne. Caque colon
recevait une parcelle de 100 hectares, en bordure de route, un petit outillage, six mois
de salaire lui permettant dattendre la première récolte et un titre provisoire de
propriété. Ce programme, énorme à lorigine, a très vite été révisé à la
baisse car le coût sest avéré très élevé pour lEtat. Les lots étaient
de fertilité inégale et les rendements médiocres malgré les brûlis, les colons
manquaient dencadrement et les quelques productions récoltées navaient pas
de marché régional.
Après un ralentissement de la colonisation publique, lEtat
décida de larrêter devant son coût prohibitif et son inefficacité.
- La colonisation privée fut mise en place à partir de 1974.
La colonisation par des privés ou des sociétés privées permit
larrivée de paysans aisés ayant une certaine expérience, un capital de départ.
Peu de colons vinrent du Nordeste mais du Sud, du Sudeste et du Centro-Oeste. Quelques
hectares vendus dans le " Sud " permettaient den acheter
quelques centaines dans le Nord et de profiter des incitations fiscales proposées par
lEtat. Le niveau social de ces colons savéra plus élevé et plus homogène
et la mise en valeur des terres fut plus efficace.
- La colonisation spontanée, elle, sinfiltrait partout
autour des projets publics comme privés et connaissait une expansion spatiale intense,
difficile à contrôler voire incontrôlable.
Cette colonisation entreprise par des paysans sans terre et souvent
sans argent impliqua et implique toujours des conflits dune violence extrême, des
situations confuses ou inextricables. Les riches investisseurs se heurtèrent aux petits
paysans avec un cortège de conflits, de violences, de disparitions et de morts.
Ces trois types de colonisation ont permis un développement
dactivités fort différentes. Les vocations des espaces colonisés nétaient
pas du même ordre: la colonisation publique était tournée vers la petite agriculture
vivrière sur brûlis avec riz, manioc, haricot ; la colonisation privée se tourna
à la fois vers les cultures de plantation comme le poivre, le cacao, lhuile de
palme...et vers lélevage bovin extensif.
A ces deux types de colonisation agricole et pastorale, sajouta
lexploitation forestière résultant des deux premières. Que la colonisation soit
publique, privée ou spontanée, lactivité forestière apparaît comme secondaire.
Cest loccupation agricole qui a tenu un grand rôle dans le peuplement et la
mise en valeur de lAmazonie. Les terres " libres "
dAmazonie ont constitué et constituent toujours une solution aux petits paysans
sans terre, venus du Nordeste; On met en place une petite agriculture extensive sur
brûlis, dont les rendements sont médiocres. Les sols pauvres et ravinés, de piètre
fertilité, permettent une culture sur deux ou trois ans. Ensuite, devant le déclin des
productions, les petits agriculteurs vont quitter leur terre pour une autre, plus
lointaine, plus à lOuest, dans la dynamique du front pionnier.
Dès les années 70, lélevage sinstalle en arrière et
devient très vite une activité prépondérante. Des domaines délevage se mettent
en place. Si lagriculture vivrière est aux mains de petits propriétaires terriens,
lélevage est aux mains de grands propriétaires venus du Sud, du Sudeste ou du
Centro-Oeste. Lélevage sest développé plus rapidement que
lagriculture car il apparaît plus sûr aux investisseurs.
Aujourdhui, devant les difficultés rencontrées par les
agriculteurs (mauvaises récoltes, récoltes incertaines, faibles rendements...) la
plupart des colons se sont tournés vers lélevage.
Dailleurs, lélevage fixe davantage les populations que
lagriculture. Il nest pas nécessaire de migrer sans cesse pour trouver des
terres fertiles, aptes à cette activité. Lélevage, dabord uniquement aux
mains des grands fazendeiros, diffuse rapidement parmi les petits colons, paysans
découragés par les difficultés et les contraintes agricoles. Dans la mesure où
lélevage se développe, la superficie des pâturages augmente dans le même temps,
et donc la forêt recule inexorablement.
4. Lexploitation
forestière et lorganisation de lespace en Amazonie. 
Lexploitation forestière amazonienne, bien que secondaire,
existe aujourdhui (carte n° 12 :
laltération de la couverture forestière de Taïlandia en 1994).
LAmazonie dispose dun fort potentiel forestier,
mais lexploitation forestière en forêt amazonienne est difficile du fait du milieu
naturel. Les forêts de Terra Firme et Varzea, qui la composent, ne sont pas praticables
toute lannée et lextraction des grumes nen est que plus délicate. La
spécificité de cette forêt réside dans son hétérogénéité et son aspect
impénétrable. Depuis maintenant 20 ans, les forestiers tirent parti de cette dernière
avec une meilleure rentabilité, en utilisant un matériel adéquat acheté grâce à des
investissements conséquents. Les bois amazoniens sont aujourdhui commercialisés
dans tout le pays mais aussi sur le marché international.
Cest létat du Para qui apparaît comme létat du
bois. Dans cet état, le bois a pris une grande importance commerciale et économique
quand les investisseurs ont réalisé quils représentaient une véritable richesse
sur pied quil sagissait dextraire. Ces personnes venues du
" Sud " ou de létranger ont placé des capitaux dans la région
Nord et lui ont donné une vocation forestière quils ont su développer.
Létat du Para joue aujourdhui le rôle principal dans les exportations de
bois amazoniens puisquil fournit 80 % du bois tropical exporté. Cet état
sest doté dun réseau de petits et de moyens centres urbains nés de la
colonisation de la région et de la création des axes routiers. Les principales villes de
létat du Para sont aujourdhui les mêmes que celles liées à
lactivité forestière ; elles connaissent un fort dynamisme lié à
lactivité forestière (carte n°
11 : principaux lieux de concentration des scieries en Amazonie en 1990 en page
suivante). Ces villes séquipent, se développent et structurent
lespace.
Dans le Para existe maintenant une véritable organisation urbaine. Un
réseau de villes aux activités industrielles et commerciales sest établi sur les
axes routiers paraenses (carte n° 9 : les
principales villes de létat du Para). Le développement de ces villes
est donc en partie lié aux revenus des activités forestières.
CONCLUSION 
LAmazonie, dans lespace national brésilien est un
réservoir de richesses où les superlatifs sont de rigueur. LAmazonie est un
véritable enjeu pour le Brésil. Cest un espace original au centre denjeux
écologiques, économiques et géopolitiques considérables.
LEtat a décidé dy exploiter massivement toutes les
ressources et de développer la région en lintégrant à lespace national.
-
Lextractivisme est toujours dactualité avec lexploitation de
lHévéa brasiliensis, variété dont la sève fournit le caoutchouc, la cueillette
de la noix du Para, lexploitation des bois dAmazonie comme le Cèdre,
lAcajou ... Ces bois sont vendus sur le marché international comme bois de luxe
mais aussi comme bois duvre ou comme contreplaqué et représente un marché
en expansion. Les " chutes " de ces mêmes bois sont transformées en
charbon de bois, traditionnellement utilisé dans la sidérurgie brésilienne, permettant
dans lavenir de développer une série de pôles sidérurgiques dans la partie
orientale du Para. Les essences non commercialisables de Varzea et dIgapo sont
utilisées à la fabrication de pâte à papier dans le projet Jari.
- Parallèlement à lextractivisme, lEtat fédéral développe les
systèmes agricoles et pastoraux pour multiplier les revenus de la région.
Néanmoins, dans tous ces domaines, il existe un grand décalage entre
les projets extraordinaires, mirifiques proposés par lEtat pour lAmazonie et
la réalité. La réalisation des projets est trop souvent en deçà des espérances
initiales.
Dans le domaine des grands aménagements et des ressources minières,
lEtat brésilien voulut une modernisation extrêmement rapide. LEtat multiplia
rapidement les routes reliant lAmazonie au Brésil utile économiquement, permettant
ainsi de mettre en valeur la mine de Carajas avec sa réserve de 18 milliards de tonnes de
fer à 66 % de teneur, les ressources de bauxite, de manganèse, de cuivre, de nickel et
dor de la Serra Pelada. Ces ressources minières, moteur de lexploration
brésilienne sont évacuées à travers tout le Brésil ou exportées. Le barrage de
Tucurui sur le Tocantins, permit lexploitation dun gigantesque potentiel
dénergie hydroélectrique. Tous ces aménagements publics se mirent en place en
même temps que toute une série daménagements privés pour lesquels lEtat
choisit de favoriser linstallation de grands projets capitalistes, aux mains
détrangers ou de brésiliens du Sud et du Sudeste favorisant ainsi la grande
propriété au dépens des petites gens.
- Lenjeu économique est de taille et lexploitation, voire le pillage de
lAmazonie se fait par des non - amazoniens qui capturent les circuits régionaux
vers les grandes métropoles du Centre et du Sudeste. Foncièrement et économiquement
lAmazonie échappe aux amazoniens. Elle est trop souvent détruite, déforestée et
altérée. Les dommages causés à la forêt sont importants et ont commencé avec le
désenclavement routier de lAmazonie. De jour en jour, les dommages
saccentuent et sintensifient et la déforestation est en constante
progression. Les écosystèmes amazoniens sont attaqués de tous les côtés par les
différents acteurs du développement de la région Nord.
Les véritables raisons de la destruction de la forêt amazonienne sont
les suivantes :
- le besoin de bois de chauffe,
- linsuffisance du contrôle de la ressource et de la mise en valeur du potentiel
forestier,
- la nécessité pour le capitalisme international davoir accès à la ressource,
- labsence de technologie appropriée pour la mise en valeur de ces espaces,
- le manque de souci des populations locales et des équilibres naturels ...
Un territoire équivalent à celui de la Suisse part en fumée, chaque
année en Amazonie ... Le phénomène de défrichement reste alarmant.
Les enjeux écologiques concernant lAmazonie sont
aujourdhui de première importance.
La communauté internationale semble, devant ces faits alarmants, se
mobiliser et tente dimposer des mesures de protection à légard du milieu
amazonien.
LAmazonie suscite de lintérêt en ce qui concerne la
gestion de lenvironnement et réveille la conscience écologique de chacun. Selon
les journaux, lAmazonie est défigurée.
Deux questions se posent alors :
- lintégration spatiale est-elle prédatrice ?
- développer, est-ce détruire ?
En tout état de cause, il faut apprendre à gérer le patrimoine
forestier pour assurer le développement durable de lAmazonie brésilienne.
B - RESUME 
INTRODUCTION
LAmazonie est la plus grande forêt du monde, traversée par le
plus grand fleuve du monde, lAmazone (7200 km de longueur, 16 affluents de plus de
1600 km).
Ce monde est immense, luxuriant et extrêmement difficile à saisir.
I - UNE OU DES FORETS AMAZONIENNES ?
La forêt amazonienne est très hétérogène, riche et variée. Elle
est composée de 3 types de forêts.
1. La forêt de Terra Firme = Terre Ferme.
Cest la plus importante en superficie et cest la forêt
hors de leau toute lannée.
Cette forêt dense est composée de 3 strates arborées :
- arbres géants (plus de 40 m)
- arbres moyens (environ 30 à 40 m)
- arbres et arbustes (environ 5 à 20 m)
sans oublier les hautes fougères et les lianes.
2. la forêt de Varzea
Cest la forêt inondée six mois de lannée.
On la trouve de part et dautre des rivières sur presque 100
kilomètres.
3. La forêt dIgapo
Cest la forêt inondée en permanence, la plus basse et
pauvre en essence.
II - LAMAZONIE : UN MILIEU DE VIE
LAmazonie est un milieu de vie difficile à vivre. Sa luxuriance
en fait le monde de lexcès. Pourtant cest un espace qui attire les
populations.
- Un espace attractif.
LAmazonie est un espace convoité et peuplé de plus de 10
millions dhabitants qui saménage et surbanise sous le nom de région
Nord ; Le solde migratoire y est positif depuis 1970.
- Un milieu pourtant difficile à vivre
LAmazonie est le monde de la touffeur équatoriale, de la forêt
impénétrable, de la torpeur, de linsalubrité. Cest le milieu dune
faune dangereuse et des indigènes perçus comme des " sauvages ".
III - LA MISE EN VALEUR DE LAMAZONIE ET DE SA FORET
Dans les années 70, lEtat souhaite intégrer lAmazonie à
lespace national brésilien.
1. Le moyen utilisé.
A cette époque, lEtat lance un vaste programme routier dont laxe le plus
connu est la Transamazonienne. (4200 km de piste de latérite inutilisable pendant
plusieurs mois de lannée quand les pluies sont trop importantes).
Les routes dites transamazoniennes sont construites pour désenclaver
la région Nord du Brésil. A partir de cette date, la conquête de lAmazonie se
réalise par les routes et non plus par le fleuve ou les rivières.
2. Le résultat.
Les routes ont permis une colonisation de lAmazonie.
- Une colonisation agricole à 2 facettes :
- Agriculture sur brûlis et cultures à vocation vivrière (manioc, haricot noir ...)
- Cultures de plantation (poivre, cacao, huile de palme ...)
- Une colonisation pastorale fondée sur lélevage bovin
extensif.
- Une exploitation forestière à 2 facettes :
- Exportation des essences commerciales de bonne qualité vers la France (ex :
Menuiseries Lapeyre), les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon ...
- Utilisation au niveau national des essences de moindre qualité.
Il en résulte une différenciation régionale de lespace
amazonien et de nombreux fronts pionniers qui se déplacent chaque jour un peu plus vers
lOuest, le long des axes routiers les plus fréquentés.
CONCLUSION
La forêt est-elle réellement menacée ?
La forêt part en fumée, le plus souvent en toute illégalité ;
mais la déforestation a lieu seulement le long des axes routiers.
Cependant " le poumon vert de la planète "
nest pas en aussi grand danger que les médias laffirment : 12 % du
couvert végétal est altéré et environ 5 % des bois coupés en Amazonie sont
réellement exportés.
Bibliographie sommaire 
-
DROULERS M., L Amazonie, Nathan Université, 1995.
-
DUVIGNEAUD P., La synthèse écologique, Doin, 1980.
-
GOUROU P., L Amérique tropicale et australe, Hachette
Université, 1976.
-
GOUROU P., Terres de bonne espérance : le monde
tropical ,Terre humaine, Plon, 1982.
-
I.B.G.E., Geografia do Brasil, volume trois, Regiao Norte,
1991.
-
MONBEIG P., Le Brésil, collection Que Sais-Je ?, PUF,
1983
THERY H., Le Brésil, Masson, 1989.
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