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L'ETUDE
DE CAS EN GEOGRAPHIE

Le recours systématique
aux études de cas constitue une des principales innovations du
programme de géographie de seconde. L'étude de cas offre en effet plusieurs
intérêts :
- dépasser les
vieux clivages
entre géographie physique et géographie humaine ou entre géographie
générale et géographie régionale. L' étude de cas emprunte en effet
des éléments à ces quatre branches de la géographie en mettant l'accent
sur les interactions entre les sociétés et leur environnement.
- initier les élèves
au raisonnement géographique à partir d'exemples concrets, bien
développés.
- placer les élèves
en position active. L'étude de cas implique en effet le recours
systématique à de nombreux documents, de nature variée, sur lesquels
les élèves peuvent travailler, au moins en partie, de manière autonome,
en cours et/ou en module.
- éviter l'encyclopédisme.
Placer l'étude de cas au coeur du traitement d'un thème permet d'aller
plus vite à l'essentiel, sans recherche d'exhaustivité. On ne vise pas
à présenter aux élèves tous les aspects de thèmes très vastes comme
" les dynamiques urbaines " ou " l'eau dans le monde ", tâche impossible
en 6 ou 7 heures. Mais par l'étude de cas on pose quelques questions
majeures concernant le thème.
1.
La place de l'étude de cas dans le traitement d'un thème
- L'étude de chacun
des six thèmes à traiter durant l'année s'appuie nécessairement sur
une ou deux études de cas.
- On commence
toujours le traitement d'un thème par une étude de cas. Celle-ci
n'a donc pas un caractère " illustratif " qui viendrait en complément
de généralités. Elle est au coeur de la démarche pédagogique
et a pour but d'initier les élèves au raisonnement géographique.
- L'étude de
cas peut être conduite aussi bien en cours qu'en module. Le module
peut servir à l'analyse d'un document fondamental mais complexe, par
exemple un extrait d'une carte topographique ; d'autres documents plus
simples, partie intégrante de l'étude de cas, étant abordés en cours.
- Le traitement détaillé
d'une étude de cas implique une certaine durée : au moins deux heures,
voire trois ou quatre heures, de manière à intégrer l'essentiel de
la problématique du thème. Cette étude peut donc s'appuyer sur un
nombre significatif de documents de nature variée, jusqu'à plus d'une
dizaine. Une étude de cas principale peut être associée à une, voire
deux études de cas secondaires, analysées plus rapidement (30 mn à une
heure) qui permettent de diversifier les approches, de fournir des comparaisons,
de nuancer des constats réalisés lors de la première étude de cas.
- Les études de
cas doivent représenter au moins la moitié du temps imparti au
traitement d'un thème, la contextualisation (ou mise en perspective
par la généralisation) représentant l'autre partie du temps. Chaque
thème peut être étudié en 6 à 7 heures d'enseignement en classe entière
auxquelles on peut ajouter le temps des modules.
2.
Les critères de choix d'une étude de cas
- L'étude de cas
n'est pas choisie au hasard. Elle doit être fortement représentative
du thème étudié et donc permettre de mettre en évidence un grand nombre
de faits géographiques de portée générale. Elle doit notamment permettre
d'aborder si possible les trois sous-thèmes distingués par le programme
pour chacun des sept thèmes proposés.
- Elle peut porter
sur des espaces de taille variable, allant de l'échelle locale
(une agglomération, une vallée montagnarde) à l'échelle sous-continentale
(Le Northern Range, façade maritime de l'Europe) en passant par l'échelle
nationale (les problèmes de l'eau en Inde) et régionale (agriculture
et environnement en Bretagne).
- On devra chercher
à varier les espaces géographiques choisis selon les thèmes,
de manière à couvrir au cours de l'année une large diversité de continents,
de milieux et de niveaux de développement. On limitera le recours à
des étude de cas sur la France, puisque cet Etat est étudié en première.
l'aménagement du Nil et aussi d'évoquer les problèmes géostratégiques
liés à l'appropriation de l'eau. On peut aussi aborder les questions
d'environnement à propos du barrage d'Assouan.
- Le dossier documentaire,
base de l'étude de cas, doit être constitué de manière à poser des situations-problèmes.
Les documents sont d'abord puisés dans le manuel en usage dans la classe,
éventuellement complétés par quelques photocopies.Certains documents,
à une échelle donnée, permettent d'établir des constats et et de poser
des questions. D'autres documents, à la même échelle mais aussi nécessairement
à d'autres échelles, généralement plus petites, permettent d'apporter
des éléments de réponses aux questions posées par les premiers documents.
Il s'agit ainsi de faire comprendre aux élèves qu'un phénomène géographique,
observé à une échelle donnée, ne peut être compris sans référence à
d'autres échelles.
3.
Des études de cas mises en perspective
- Le traitement du programme ne doit pas prendre la forme d'une simple
addition d'études de cas. " Il est nécessaire que chaque étude de cas
soit contextualisée par une mise en perspective à plus petite
échelle, s'appuyant prioritairement sur des cartes ".(BOEN) Ce travail
de " contextualisation " doit permettre de dépasser le caractère nécessairement
limité de l'étude de cas en lui donnant du sens. Il cherche à répondre
à plusieurs questions comme:
- les faits géographiques analysés dans l'étude de cas se retrouvent-ils
ailleurs dans le monde ? Sous des formes identiques ou proches ?
- n' y a-t-il pas ailleurs dans le monde d'autres réponses apportées
par les hommes aux mêmes problèmes d'aménagement?
- Cette mise en perspective peut se faire notamment, mais pas exclusivement,
à l'aide de cartes à petite échelle. Elle permet d'élargir la
problématique et d'aborder certains aspects du thème non envisagés par
l'étude de cas. Pour autant, il convient de ne pas retomber dans les
dangers de typologies (tentative de prise en compte de tous les systèmes
de production agricole, de toutes les fonctions urbaines, de tous les
types d'aménagements littoraux par exemple) qui prennent vite la forme
de catalogues descriptifs et qui demandent trop de temps. La mise en
perspective peut aussi être le moment d'une généralisation, faisant
suite au cas particulier qu'est l'étude de cas, qui se prête à l'exploitation
de schémas-modèles.
- L'étude de cas et la mise en perspective peuvent être
conduites de deux manières :
- l'étude de cas est menée à son terme et précède la mise en
perspective. Cette démarche analytique est pédagogiquement plus
simple. Elle peut donc être utilisée notamment en début d'année.
Mais elle peut obliger à des rappels sur l'étude de cas au moment
de la mise en perspective et donc comporter une certaine lourdeur.
- A différents moments de l'étude de cas, on opère une mise en
perspective, notamment en changeant d'échelle. Cette démarche,
plus synthétique et intellectuellement plus satisfaisante, peut
être plus complexe à suivre par les élèves. Il convient donc de
s'assurer qu'elle ne soit pas source de confusions, notamment dans
la prise de notes. On peut alors envisager une prise de notes sur
une double page, une page réservée à l'étude de cas, l'autre aux
compléments apportés par la mise en perspective.
4. Des études de
cas permettant l'utilisation des " outils géographiques " (BOEN)
- Au travers de l'étude de cas, le document est plus que jamais au
centre de l'enseignement de la géographie. Ces documents sont de
nature variée mais il doit s'agir d'abord de cartes à différentes échelles,
de photographies, de données statistiques et, seulement de manière secondaire,
de textes (articles de journalistes, extraits d'ouvrages de géographes
universitaires). En géographie, le texte, qui n'est jamais un document-source,
a moins d'importance qu'en histoire. Il est souhaitable que les documents
sélectionnés permettent une mise en relation, une confrontation, l'un
expliquant ou précisant l'autre, afin de limiter des études linéaires
de documents successifs, moins formatrices pour les élèves.
- " La carte et le croquis sont des outils majeurs qui impliquent
l'apprentissage d'un langage spécifique "(BOEN). En classe de seconde,
on initie donc les élèves à une lecture critique de documents cartographiques
et on aborde les premières étapes de l'apprentissage du croquis dans
la perspective de l'épreuve du baccalauréat (cf fiche sur le phasage
des apprentissages méthodologiques).
- L'étude cas se prête également à l'utilisation des T. I. C. E
(technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement),
notamment en module ou au CDI. Des cédéroms, publiés par des éditeurs
scolaires ou d'autres maisons d'édition, fournissent de nombreux documents
complémentaires de ceux des manuels, notamment des images satellitales,
et des exercices d'application. Des logiciels simples de cartographie
automatique permettent aux élèves de produire eux-mêmes des cartes quantitatives.
Gérard
Granier, I.A.-I.P.R.
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